À propos

Brocante ou cantine ?

J’ai grandi dans la nostalgie de souvenirs  merveilleux de vacances à Nemours, maison familiale où mes grands parents vivaient. A peine la porte d’entrée poussée, je me précipitais dans la cuisine pour vérifier que le bon gâteau au yaourt , le pain viennois et la bonbonnière étaient au rendez vous.

Puis avec mes frères et soeurs nous montions quatre à quatre l’escalier, où une porte donnait accès au « petit grenier » : lieu extraordinaire où ma grand mère rangeait soigneusement ses trésors et y ajoutait des menues surprises qui nous ravissaient !

Costumes, tailleurs, jupons, cannes, uniforme  militaire et casque de guerre de mon grand père dans lesquels on adorait se déguiser ;  jolies vaisselles, jolies verreries, jolis souliers, jolies robes, le tout dans une odeur de naphtaline ; Je prenais les objets, les habits,  je m’inventais des histoires, je descendais rejoindre mes grands parents qui me racontaient alors l’histoire de leurs trésors.

En grandissant, cette nostalgie  ne m’a jamais quittée. Arpentant les vides greniers à la quête de ces trésors que je ne voulais pas oublier,  j’ai décoré mon intérieur dans le souvenir des maisons familiales de mon enfance.

Il y a 9 ans, j’ouvrai avec une amie un restaurant baptisé Déjeuner sur l’Herbe qui se situait dans le quartier Ouest de Vincennes .

On y proposait une cuisine traditionnelle et familiale fait maison, et rapidement l’endroit fût rebaptisé « chez les filles », car beaucoup de voisins, amis, habitués s’y donnaient rendez vous à la recherche de leur madeleine de Proust :  des incontournables étaient devenus obligatoires,  Crumble, riz au lait, gâteau au yaourt, fondant au chocolat, cheese cake, lasagnes, blanquette, bourguignon et autres plats authentiques! Les petites mamies du quartier venaient l’après midi m’aider à éplucher les légumes, les pommes, prendre leur goûter et nous demander quels gâteaux nous préparions pour le lendemain..

Quand il y a 3 ans nous vendions le restaurant, fidèles et voisins me confièrent leur sentiment qu’un endroit de vie disparaissait.

Quelques temps après, je suis revenue dans le quartier pour développer Une Graine dans la Ville, association qui anime La Ruche qui dit Oui de Vincennes. J’y ai retrouvé les habitués du restaurant et des voisins qui me disaient  leur regret et leur envie de retrouver un endroit aussi convivial. De mon côté, grandissait en moi l’envie d’animer un lieu créateur de lien social, réunissant la nostalgie de mon enfance, le bien vivre et la convivialité:  l’idée de la Broc’antine était là !

Broc’ et Cantine à la fois …

Le cœur de l’idée était de créer un lieu de vie familial, chaleureux, authentique. Un espace associatif ouvert aux idées et aux attentes vers lequel aller pour trouver du réconfort, du bien-être et de bons petits plats.  Mon attirance pour l’ancien toujours aussi présente,  j’ai voulu donner du sens et une âme à  la Broc’antine  grâce à du mobilier familial, décorations  et objets de récupération, chinés, porteurs d’Histoire.

Ainsi est née  la Broc’antine 🙂